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Dimension fractale |
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Généralités sur les fractales |
Comment mesure-t-on une longueur ou une surface ? |
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| Si je dois mesurer une longueur de 1 m avec une règle de 20 cm, cette règle va être contenue 5 fois dans la longueur à mesurer (si je mesure une ligne droite bien entendu). Si j'utilise une règle de 10 cm, elle sera contenue 10 fois ; si elle fait 5 cm elle sera contenue 20 fois. Aucune surprise. Je suppose maintenant que la ligne à mesurer est plus ou moins courbe. Si je fais le même raisonnement, avec une règle de 20 cm, je ne pourrai pas suivre exactement le contour de la ligne et je vais sous-estimer sa longueur en comptant le nombre entier de fois que je peux appliquer la règle sur la ligne. Avec une règle de 10 cm le résultat sera moins mauvais. Plus j'utiliserai une règle courte, mieux je pourrai suivre le contour de la courbe, et plus le résultat sera précis. En termes plus mathématiques le résultat converge vers la longueur exacte de la ligne lorsque la règle atteint une dimension négligeable par rapport à la courbure de la ligne.
Recommençons le raisonnement avec une surface. Prenons pour commencer un carré de côté L. Si j'utilise pour le mesurer un carré unité de côté l = L/2 il faudra 4 de ces carrés pour paver le carré initial. S'il a un côté de longueur l = L/4, il en faudra 16, etc. Si l'on divise le côté par un facteur n, on multiplie le nombre de carrés par n2.
On ne peut pas utiliser dans ce cas le rapport n2/n pour mesurer la dimension d'une surface (on sait depuis Euclide qu'elle est égale à 2) car 4/2 = 2, mais 16/4 = 4 etc. Pourquoi tant de complication puisque le résultat donne la valeur de la dimension euclidienne (ou topologique) bien connue ? C'est parce que, si c'est vrai pour les objets de la géométrie classique, ce n'est pas vrai dans d'autres cas. Prenons en effet le flocon de von Koch que j'ai décrit dans une autre page. Si je prend une règle de longueur L égale au côté du triangle initial et que je l'applique sur le flocon, je vais trouver une longueur 3 L (la règle sera contenue 3 fois puisqu'il y a 3 côtés dans le triangle initial). Si je prends maintenant une longueur L/3 je pourrai parcourir plus en détail le flocon et je devrai appliquer la règle 12 fois (3*4) pour faire le tour du flocon. Je refais l'expérience en divisant encore par 3 la dimension de la règle : je vais pouvoir l'appliquer sur des segments de plus en plus petits (ne pas oublier que le flocon présente un nombre de pointes infini de tailles de plus en plus petites). La règle devra être appliquée 48 (3*4*4) fois sur le pourtour. Autrement dit chaque fois que je divise la règle par 3 je multiplie par 4 le nombre de fois où je l'applique pour en faire le tour du flocon. On peut poursuivre le raisonnement à l'infini.
L'exemple du flocon de von Koch est facile à comprendre parce qu'il est simple et que le rapport reste constant dans le cas particulier que j'ai choisi. Les choses seraient légèrement plus complexes si j'avais pris une longueur initiale de la règle différente de la longueur d'un côté et si je la divisais par un diviseur arbitraire différent de 3. Mais dans tous les cas on trouverait que le rapport tend vers log 4/log 3 pour des règles de plus en plus petites. Ceci conduit à la loi générale : La dimension fractale D est définie, pour une figure linéaire, par log (L2/L1) où L1, L2 sont les longueurs mesurées de la courbe (en nombre d'unités), et S1, S2 sont les tailles de l'unité (c'est-à-dire l'échelle) utilisée pour les mesures. log N
On peut généraliser ce résultat aux surfaces fractales qui ont une dimension euclidienne égale à 2 et une dimension fractale supérieure à 2. Cette dimension est souvent présentée comme la dimension de Hausdorff-Besicovitch, ou du moins le contexte le suggère. En fait c'est faux et c'est vrai à la fois. Faux parce que l'expression générale de la dimension de Hausdorff-Besicovitch est très abstraite (elle est d'ailleurs souvent trop difficile à calculer pour être utilisée). Vrai parce que dans les fractales linéaires simples telles que la courbe de von Koch, les dimensions d'homothétie et de Hausdorff-Besicovitch sont égales. La conclusion est que les explications proposées dans cette page (à l'exception du paragraphe précédent) donnent une fausse idée de simplicité sur une question en réalité très complexe. Il y a d'ailleurs d'autres approches de la notion de dimension qui ne sont pas toutes équivalentes et les travaux de Kolmogorov et Tihomirov relient la dimension de recouvrement à la notion d'entropie (ce qui évoquera probablement des souvenirs - peut-être vagues - à certains) ! |
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Généralités sur les fractales | ||
| Dernière mise à jour : 02/10/03 | |||